Détroit d’Ormuz : topographie des lieux
Le détroit d’Ormuz est l’un des grands détroits de la planète. Il est large d’une cinquantaine de kilomètres entre deux pays : Oman et l’Iran, qui en ont l’administration conjointe. Il s’agit du point de communication entre la mer quasi fermée du golfe persique et le golfe d’Oman, qui donne ensuite vers l’Océan Indien. Dans ce golfe persique se trouvent de nombreux autres pays, pour qui le détroit d’Ormuz est donc stratégique puisqu’il s’agit d’une ouverture (voire de la seule ouverture) maritime sur le monde : Irak, Koweït, Arabie Saoudite, Bahreïn, Qatar, Le Émirats Arabes Unis. Un point de passage également pour les productions de gaz et de pétrole de ces pays, qui s’exportent vers le reste du monde via ce détroit.
À noter : il n’y a pas que le pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz. Le gaz naturel liquéfié est également concerné puisque près de 20% du GNL transporté dans le monde passe par ce détroit. Une production qui est, une nouvelle fois, majoritairement à destination du marché asiatique.
Détroit d'Ormuz et approvisionnement en pétrole : tout comprendre en quelques chiffres
Le pétrole transitant par le détroit d’Ormuz est majoritairement produit par quatre pays selon Connaissance des Énergies : l'Arabie saoudite (31,4 % des volumes en 2025), l'Irak (18,3 %), les Émirats arabes unis (16,3 %), l'Iran (12,1 %) et le Koweït (11,9 %).
Sur son site internet le ministère des armées donne quelques chiffres en se basant notamment sur les données de l’historien Jean-Paul Burdy. Il y est indiqué que 21% de la consommation mondiale de pétrole transite par le détroit d’Ormuz.
De son côté l’Agence Internationale de l’Énergie indique que 20 millions de barils par jour transitent par ce détroit. Elle estime cette part à 25% du commerce mondial de pétrole par voie maritime. Environ 80% de cette production serait à destination de l’Asie. Ce sont plus spécifiquement la Chine, l’Inde et le Japon qui seraient les principaux importateurs.
Concernant la France, selon les données de l’Insee, le pétrole provient majoritairement d’Afrique (en 2025, les importations de pétrole brut provenant d’Afrique s’élèvent à 16,8 millions de tonnes, dont 5,5 millions de tonnes provenant du Nigéria). 10,6 millions de tonnes provenaient des États-Unis et 4,6 millions de tonnes provenaient du Moyen-Orient.
Des alternatives limitées
Certains pays avaient anticipé un possible conflit ou n’avaient pas envie de dépendre uniquement de ce détroit. Ils ont ainsi construit des pipelines leur permettant d’exporter leur production d’énergie sans passer par Ormuz. C’est notamment le cas du pipeline Abqaiq-Yanbu qui traverse l’Arabie Saoudite, qui permet de faire transiter « seulement » 2 millions de barils de pétrole par jour.
S’approvisionner ailleurs peut être une solution mais le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine et la situation politique dans cette partie du monde ne rendent pas la situation plus facile.
Une arme géopolitique
Dans les faits, le détroit d’Ormuz ne peut pas réellement être bloqué. D’autant que l’Iran (qui émet les menaces de fermeture) n’a pas d’intérêt à ce que ce détroit le soit totalement puisqu’il l’utilise également pour exporter son pétrole, notamment en Asie.
Ainsi le détroit n’est pas fermé et dans les faits les bateaux peuvent l’emprunter. Mais selon Connaissance des Énergies les armateurs ont eu peur d’y faire transiter leurs navires, notamment pour des questions d’assurance.
Certes la majorité du pétrole qui transite via ce détroit est à destination de l’Asie. Or, les perturbations engendrées par la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran ont un impact direct sur le prix du pétrole.
Face à l’enlisement du conflit, le prix du baril de pétrole est plus que jamais volatil. D’autant plus que la situation reste mouvante. Après plusieurs semaines de tensions, le détroit d’Ormuz a été rouvert le 18 juin 2026 dans le cadre d’un protocole d’accord conclu entre l’Iran et les États-Unis. Des négociations directes se sont ensuite ouvertes en Suisse afin de parvenir à un accord définitif sous 60 jours.
Toutefois, le 20 juin, Téhéran a de nouveau menacé de fermer le détroit en réaction aux frappes israéliennes au Liban. Malgré cette annonce, le trafic maritime s’est maintenu et retrouve progressivement son niveau habituel.